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Le rugby en Nouvelle-Zélande, précurseur d’une diplomatie sportive ?

Mis en ligne le 23 Jan 2018

Parution le 20-12-2017 / Source : IRIS

Carole GOMEZ

Le rugby en Nouvelle-Zélande, précurseur d’une diplomatie sportive ?
ChercheuseIRISVoir le profil

Cet article analyse et expose avec clarté la double fonction du rugby en Nouvelle-Zélande, à la fois outil de diplomatie et instrument clef de cohésion nationale. Via une approche historique et sociologique, l’auteure décrit les arcanes de la « légende » des All Blacks à la source d’un changement de statut du sport, de divertissement brassant les populations à levier majeur de soft power.


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent pas le CSFRS.

Les références originales de ce texte sont: Carole Gomez, « Le rugby en Nouvelle-Zélande, précurseur d’une diplomatie sportive ? », Institut de Relations Internationales et Stratégiques, 20 Décembre 2017.

Ce texte, ainsi que d’autres publications, peuvent être visionnés sur le site de l’IRIS


 

Le rugby en Nouvelle-Zélande, précurseur d’une diplomatie sportive ?

 

Que savons-nous de la Nouvelle-Zélande ? De sa capitale Wellington ? De sa vie politique ? Sommes-nous capables de citer le nom de son chef de gouvernement ? D’un de ses ministres ? Pouvons-nous parler de sa place au sein de l’économie internationale ? De ses exportations de matières premières ? En toute honnêteté, à moins d’être spécialiste de ce pays d’Océanie, nous pouvons simplement constater que nos connaissances du territoire néo-zélandais sont pour le moins faibles, pour ne pas dire inexistantes. Sauf… dans le domaine du rugby. Sans doute est-ce pourquoi Francine Tolron, dans son ouvrage intitulé Le Rugby, religion séculière de la Nouvelle-Zélande[1], introduisait son propos en relatant une opinion largement répandue : « Les All Blacks (et le rugby) sont la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Zélande est les All Blacks (et le rugby) ». Certes. Mais comment expliquer que ce petit pays insulaire de 4,5 millions d’habitants, représentant 0,24 % du PIB mondial, soit un géant incontesté et incontestable sur la scène sportive, et surtout rugbystique ? Est-ce une stratégie politique sciemment mise en œuvre par Wellington ? Si le concept de diplomatie sportive a pleinement pris son essor à la fin du XXe siècle – allant même jusqu’à trouver une pleine expression au cours de ces dernières années avec les initiatives qatarie, azerbaïdjanaise, voire même chinoise dans le domaine du football –, l’importance du rugby au sein de l’archipel néo-zélandais n’est-elle pas une forme de diplomatie sportive avant-gardiste ? Est-ce le fruit d’une succession d’événements n’ayant mis en lumière que le rugby ? Ou faut-il y voir une expression spécifique liée à l’histoire de ce pays ? Éléments de réponse.

 

Retour sur le concept de diplomatie sportive

La prise de conscience de l’importance politique, économique et sociétale du sport est relativement récente. Pendant longtemps, souvent raillé, il a été mis sur la touche, à l’écart des sphères de décision. Pourtant, la multiplication d’exemples, dans tous les sports, à tous les niveaux et dans toutes les zones géographiques, a eu tendance à faire évoluer le regard porté sur lui. Le retour quasi bredouille des sportifs français, des Jeux olympiques et paralympiques de Rome en 1960, a poussé la France, et notamment le Général de Gaulle, à prendre conscience de l’ampleur de l’échec vécu et à réagir afin d’éviter une nouvelle débâcle. Un député, Hervé Laudrin, n’a d’ailleurs pas hésité pas à déclarer que « les Jeux Olympiques de Rome ont humilié notre jeunesse à la face du monde ». Le sport devient alors un enjeu politique au plus haut sommet de l’État. De manière concomitante, la diplomatie comprend, elle aussi, le rôle important qu’il pouvait jouer, avec notamment, en 1971, les échanges entre pongistes américains et chinois en pleine Guerre froide, alors que les deux pays s’ignoraient. Même si des résistances opèrent encore ici et là, les recherches et débats contemporains sur la question de la puissance permettent de replacer le sport en bonne position. Joseph Nye, un théoricien des relations internationales, l’évoque au tournant des années 1990 en parlant de deux formes de puissances : le hard power – que l’on peut assimiler à la force coercitive, militaire, mais aussi la puissance économique ; et le soft power, qu’il définit comme la capacité d’un État ou d’un acteur des relations internationales à obtenir ce qu’il souhaite de la part d’un autre État sans que celui-ci n’en soit même conscient. Dans cette stratégie, la culture fait figure de proue, tout comme la gastronomie et… évidemment le sport. Par exemple, les États-Unis utilisent ce « sport power » à travers leur championnat, la retransmission sur toutes les télévisions du monde de grandes compétitions, via aussi leur sponsor. Si la France n’a pris conscience que récemment du formidable outil qu’il représente en matière de stratégie politique et diplomatique, nombre de pays l’ont précédé en l’utilisant comme un vecteur d’influence et de développement. Le cas particulier du Qatar est suffisamment documenté pour que nous n’ayons pas ici à y revenir, tout comme les stratégies diplomatiques mises en œuvre par l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, voire même la Chine notamment dans le domaine du football, illustrent parfaitement cette volonté généralisée de s’affirmer sur la scène internationale sportive afin de pouvoir affirmer et renforcer leur place sur l’échiquier politique ou économique. En matière d’athlétisme, la Jamaïque et, dans une moindre mesure, Trinidad et Tobago, en sont les parfaits exemples. Dans le domaine du rugby, l’exemple de la Nouvelle-Zélande s’impose comme une évidence. Pourtant, la trajectoire du pays vers le rugby semble être bien plus complexe que dans les cas mentionnés ci-dessus. Doit-on voir dans l’exemple néo-zélandais une forme de diplomatie sportive avant l’heure ou simplement le moyen d’expression et d’existence d’une population ?

 

D’un sport colonial à un sport national

Au-delà de l’histoire du rugby en Nouvelle-Zélande, l’histoire même de cet archipel est passionnante, bien que récente. Les différentes recherches archéologiques et historiques notent l’arrivée sur ces îles de Polynésiens de l’Est entre les XIe et XIIIe siècle, suivie par celle des premiers Māori[2] au XIIIe siècle. À l’heure des grandes expéditions, les explorateurs occidentaux découvrent les côtes des îles en 1642, puis l’ensemble du territoire en 1769, notamment grâce à James Cook. En pleine expansion politique et commerciale au tournant du XIXe siècle, la Couronne britannique parcourt terres et mers et signe le traité de Waitingi, le 6 février 1840, avec les chefs de la Confédération des Tribus unies de Nouvelle-Zélande et des chefs tribaux maori, transformant ainsi officiellement la Nouvelle-Zélande en colonie britannique. Si cette dernière passait évidemment par l’arrivée de nombreux colons, d’administrations calquées sur le modèle britannique, elle se concevait aussi par l’application des us et coutumes britanniques, à commencer par les loisirs : cricket, aviron, football sont ainsi pratiqués et développés avec l’arrivée des marins et colons. Le rugby, inventé selon la légende, en 1823, par William Webb Ellis, par une faute de main, ne fait pas exception à la règle. Parti faire ses études en Angleterre en 1867, un jeune néo-zélandais, John Monro, fils du Président du parlement de l’île, est séduit par ce nouveau jeu et le ramène dans ses bagages. Souhaitant y jouer de retour sur son archipel, il tâche de convaincre plusieurs étudiants de s’y mettre et le premier match de rugby est officiellement organisé, le 14 mai 1870, entre les équipes de Nelson College et Nelson (Town) Club devant deux cents personnes. En dépit de la violence des matches, de la désorganisation du jeu et des règles quelque peu modifiées – les équipes sont composées de 18 joueurs–, le rugby s’ancre rapidement au sein de la culture néo-zélandaise et une fédération de rugby, la Canterbury Rugby Football Union, est créée, dès 1879. Preuve que ce jeu séduit rapidement les populations locales et coloniales, plus de quatre-vingt clubs voient le jour en à peine une décennie. Au-delà de l’aspect ludique, voire parfois spectaculaire du rugby, sa rapide intégration au sein de la société néo-zélandaise peut également s’expliquer par l’existence d’un jeu pratiqué par les Māori, le ki-o-rahi, qui présente de fortes similitudes. En l’espace de vingt ans, le rugby devient une pratique incontournable sur l’Ile du Long Nuage Blanc, avec l’organisation de rencontres locales, régionales puis inter-régionales et l’augmentation exponentielle du nombre de pratiquants et de clubs : 5 000 joueurs évoluent dans plus de 700 clubs. Des maillots différents selon les équipes, sont adoptés, pour une meilleure identification et le soutien, notamment, des supporters. Employés de chantier, ouvriers agricoles, fermiers, soldats, tous les jeunes hommes sont séduits par ce jeu mêlant force, tactique et solidarité. En 1890, le rugby possède donc dès lors une place de premier rang au sein de la société néo-zélandaise et devient même un vecteur de fierté à part entière. Comment expliquer un tel succès ? Comme l’explique avec une certaine pertinence Francine Tolron dans ses écrits, les adhérents et nouveaux pratiquants de ce jeu trouvaient dans la participation au club de rugby local l’occasion de créer des liens sociaux, alors rares, et rendus aussi possibles par la régularité de rencontres, et les disponibilités de certains joueurs aisés, disposant de temps et de moyens. Si, jusqu’en 1891, plusieurs entités participaient à des rencontres inter-régionales, ces rencontres laissaient souvent la place à des disputes, liées à des difficultés d’interprétation ou à l’existence de divergences. Après plusieurs mois de discussions, la fédération New Zealand Rugby Football Union voit donc le jour, le 16 avril 1892, avec toutefois l’absence de représentants de provinces, en désaccord avec plusieurs points de règlement. De leur côté, les Néo-Zélandaises ne sont pas en reste puisque dès 1891, des pratiquantes ont cherché à s’imposer sur la scène sportive, en dépit des habituelles résistances rencontrées. Si, au final, les tournois envisagés ne peuvent avoir lieu, nombre d’initiatives démontrent cependant la volonté de jouer de la part de l’ensemble de la population : femmes, hommes, enfants, ouvriers, fermiers, citadins, etc.

 

Le rugby néo-zélandais à la conquête du monde

Une fois le rugby fermement implanté au sein de l’archipel, plusieurs joueurs ont eu envie de se mesurer à d’autres équipes, dépassant les oppositions locales et régionales. Le premier match officiel de la Nouvelle-Zélande se déroule ainsi en Nouvelle Galles du Sud, en juin 1893, et le premier match à domicile l’année suivante, à Christchurch, contre les New South Wales. Après une période de tâtonnements, les Néo-Zélandais travaillent sans relâche à tel point que lors du premier test match joué contre l’Australie, à Sydney, ils dominent leur hôte, 22 à 3, sans l’ombre d’une contestation. La dimension quasi mystique accordée aux joueurs néo-zélandais trouvera son origine dans la tournée triomphale organisée dans les îles britanniques et en France, en 1905-1906. Ceux que l’on appelait « The Originals » et désormais « All Blacks[3] » font alors une entrée tonitruante sur la scène sportive internationale en terrassant les pays de l’Hémisphère Nord. Sur trente-cinq matches joués, ils en remportent trente-quatre. Une polémique, encore tenace aujourd’hui, continue d’évoquer l’essai refusé contre le Pays de Galles privant la Nouvelle-Zélande d’un grand chelem. Les chiffres sont effarants : 976 points inscrits, 23 équipes adverses n’ayant réussi à marquer le moindre point au cours de cette tournée. Les créateurs même du rugby se trouvèrent dépassés dans le style, dans le jeu et ne purent faire face à la maestria néo-zélandaise. Au-delà du seul aspect sportif, la réalisation – certes irrégulière – du Haka marque durablement les esprits. C’est d’ailleurs pour répondre à cette démonstration que les Gallois décidèrent d’entonner l’hymne national, bientôt suivi par l’ensemble du stade, soit près de 40 000 spectateurs, un record. C’est lors de ce match que pour la première fois dans l’Histoire de ce jeu, un hymne retentit avant le coup d’envoi d’une rencontre.

Devant ces succès face à l’Hémisphère Sud, joueurs, amateurs et même hommes politiques se mettent alors à commenter ces performances extraordinaires, n’hésitant pas à trouver des explications cocasses pour justifier ce talent. L’engagement des Néo-Zélandais, à côté des Britanniques dans la guerre des Boers, puis au cours de la Première Guerre Mondiale, où la Nouvelle-Zélande envoie cent douze mille de ses hommes, achève de démontrer au monde l’importance prise par ce territoire et l’image d’hommes courageux, vaillants et solidaires en sort considérablement renforcée. Après la guerre, les rencontres reprennent avec notamment une nouvelle tournée européenne organisée en 1924 où les All Blacks terrassent une nouvelle fois leurs adversaires. Ils se font désormais appeler les « Invincibles ». Et pour cause, les Néo-Zélandais remportent leurs trente-deux matches, avec 838 points inscrits pour seulement 116 encaissés. S’ensuit une tournée en Afrique du Sud. Si les résultats sont toujours positifs, ils font désormais face à des adversaires particulièrement redoutables et des matches nuls ou des défaites ne sont pas (plus) rares. En dépit de ces résultats sportifs moins impressionnants que précédemment, le rugby est porté avec fierté par l’ensemble de la population, n’hésitant pas à mettre en avant les sacro-saintes valeurs d’un sport de partage, de solidarité et d’intégration, illustrant l’entente, au sein de la population, entre joueurs de différentes origines. Francine Tolron explique ainsi que « le mythe, séduisant de simplicité, persiste et que nombre de Kiwis le chérissent toujours : des fermiers robustes, des meuniers frustres, pourquoi pas des orpailleurs, se fondant en une camaraderie sportive dans quelques clairières herbues grossièrement gagnée sur le bush, au centre d’une bourgade en construction… Un pays phare, paradis rural, sain et égalitaire doublé d’un paradis social qui entrait dans le XXe siècle en produisant des athlètes admirables qui puisaient leur dextérité et leur initiative dans la nature[4] », avant de conclure « voilà qui a de quoi attiser le feu de la nostalgie[5] ».

 

Le tournant Sud-africain et la remise en cause du modèle Néo-Zélandais

Alors que la Nouvelle-Zélande était parvenue à s’imposer sur la scène internationale sportive de la plus grande des façons, la relation du XV néo-zélandais avec les Springboks vient ternir le blason des Blacks. Si des tensions étaient déjà perceptibles au cours des premières décennies du XXe siècle entre les deux Fédérations, des solutions avaient régulièrement été trouvées. En dépit de l’instauration de l’Apartheid en Afrique du Sud à partir de 1948, Wellington continue à rencontrer régulièrement ses homologues. Ainsi, entre 1949 et 1976, pas moins de vingt-quatre rencontres sont organisées. Pourtant, face à ce régime mis en place en Afrique du Sud, le sacro-saint principe de l’apolitisme du sport s’effrite et les sanctions prises à l’encontre de Johannesbourg ne tardent pas à se porter sur le sport. Après des critiques émises par l’Organisation des Nations Unies puis par le Conseil de Sécurité, l’Assemblée générale fait un pas de plus dans le durcissement du dialogue et adopte, le 2 décembre 1968, la résolution 2396 qui demande « à tous les États et organisations de suspendre les échanges culturels, éducatifs, sportifs et autres avec le régime raciste et avec les organisations ou institutions de l’Afrique du Sud qui pratiquent l’Apartheid[6])». Puis, en novembre 1971, la résolution 2775[7] avec une partie portant exclusivement sur le sport et « un appel solennel à toutes les organisations sportives nationales et internationales pour qu’elles appuient le principe olympique de la non-discrimination et qu’elles découragent les manifestations sportives organisées en violation de ce principe ». Et enfin, en décembre 1985, une convention internationale contre l’apartheid dans les sports[8]. La réponse sportive ne se fait pas attendre : le CIO[9] exige du Comité Olympique sud-africain des changements de politiques dès 1963, avant de finalement l’exclure en 1970, alors que la FIFA[10] suspend la fédération nationale en 1964 avant de l’exclure en 1976. En matière de rugby pourtant, nombre d’équipes continuent de rencontrer les Springboks, dont les All Blacks. La poursuite de relations sportives entre les deux pays est alors particulièrement critiquée à l’heure où un isolement total du pays est préconisé. Ainsi, pour protester contre cette rupture dans l’internationalisation de la sanction, vingt-huit pays refusent de participer aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976 pour protester contre la présence de sportifs néo-zélandais, créant ainsi un boycott qu’Éric Monnin appellera « le boycott quadrangulaire » ou théorie des dominos. Face à cette contestation internationale, la Nouvelle-Zélande finit par se joindre aux autres membres du Commonwealth en signant les accords de Gleneagles, en juin 1977, destiné à renforcer la lutte contre l’Apartheid dans le domaine sportif en isolant complètement les équipes sportives sud-africaines. Néanmoins, quatre ans plus tard, et en dépit de ses engagements, la Fédération néo-zélandaise décide d’accepter une tournée des Springboks en Nouvelle-Zélande. La réaction ne se fait pas attendre, avec des manifestations violentes et des affrontements entre groupes opposés. Deux camps sont face à face : les irréductibles défenseurs de l’apolitisme du sport face aux Néo-zélandais honteux des compromissions faites par leur pays. Sur cinq matches initialement prévus, seuls deux pourront se dérouler, dans des conditions houleuses. Affrontements violents, blessés et centaines d’arrestations : l’image d’un pays uni, harmonieux n’est dès lors plus qu’une illusion. Le mythe d’une unité revendiquée autour du rugby et de son équipe de All Blacks s’effrite et ne parvient plus à dissimuler les tensions sociales au sein de l’archipel. Même si la situation trouve finalement une porte de sortie, la société néo-zélandaise restera profondément marquée par l’une des plus importantes crises de ces dernières décennies.

 

La confirmation d’une hégémonie rarement disputée

Ces souvenirs douloureux vont petit à petit s’estomper avec la mise en place des Coupes du Monde à partir de 1987, dont la première édition se déroule en Australie et majoritairement en Nouvelle-Zélande. La victoire finale le 20 juin, à Auckland, achève de tourner définitivement la page, sans que certains stigmates disparaissent complètement. La mise en place de cette compétition, ainsi que la création du Tri Nations – puis Four Nations et enfin Rugby Championship – permet de renforcer considérablement le palmarès de l’archipel. Les statistiques restent impressionnantes : sur vingt et un TriNations/Rugbychampionship, la Nouvelle-Zélande l’a remporté quatorze fois, et en huit Coupes du Monde, aura été sacrée à trois reprises.

Diplomatie sportive à part entière, le rugby néo-zélandais est parvenu à s’imposer comme facteur de rayonnement du pays à l’international au nom de représentations politico-historico-sociales. De façon presque indépendante du politique, les All Blacks sont au cours du XXe siècle devenus les meilleurs ambassadeurs de leur pays à l’étranger, avec tous les risques et avantages que cela comporte. L’apolitisme du sport, défendu par certains, trouve néanmoins ses limites, et renvoie la société néo-zélandaise à ses propres interrogations, laissées parfois sans réponse.

References   [ + ]

1. Francine Tolron, « Le Rugby, religion séculière de la Nouvelle-Zélande », Éditions Les Indes savantes, 2013
2. Le « s » n’existant pas dans la langue maori, nous respecterons cette orthographe au cours de cet article.
3.  Une légende tenace, bien qu’erronée, raconte que le terme d’« All Blacks » sera utilisé pour la première fois, par un journaliste du Daily Mail impressionné par le style de jeu des Néo-Zélandais. Souhaitant mettre en avant la qualité de jeu produit, il souhaita écrira dans son article « they are all backs », retranscris suite à une erreur de typographie « they are all blacks » dans les colonnes du journal le lendemain. Si des études ont démontré l’impossibilité de ce scénario, le mythe, superbe, persiste et contribue à nourrir le culte voué à ces joueurs.
4, 5. Ibidem.
6. Résolution n°2396 du 2 décembre 1968, Assemblée générale des Nations unies, http://www.un.org/en/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/RES/134(1960
7.  8 Résolution n°2775 du 29 novembre 1971, Assemblée générale des Nations unies, http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/2775(XXVI)&Lang=F
8. « International convention against aparthied in sports », Assemblée générale des Nations Unies, 10 décembre 1985, https://treaties.un.org/doc/Publication/UNTS/Volume%201500/volume-1500-I-25822-French.pdf
9. Comité international olympique.
10. Fédération Internationale de Football Association.

Rédigé par Carole GOMEZ

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