La Chine fait face à un défi démographique majeur, et le présent papier sous forme d’entretien en explore les différents aspects. L’auteur aborde tout à tour la rupture historique ainsi constituée, ses causes profondes, ses effets sur la vitalité économique comme les mesures mises en place pour tenter d’inverser la tendance à une baisse drastique de la population chinoise. Il s’intéresse ensuite aux impacts envisageables des évolutions démographiques sur la stabilité politique intérieure du pays comme sur sa stratégie globale extérieure.
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Les références originales de cet article en contribution libre, validé par le Comité de lecture de GeoStrategia, sont : Gérard-François Dumont, « La Chine face au défi démographique », document libre de droits depuis le 16 décembre 2025, paru initialement sur la revue Diplomatie. Les grands dossiers, n° 88, octobre-novembre 2025. Ce texte, ainsi que d’autres contributions libres de droits, hors partenaires de GeoStrategia, peuvent être consultés sur la rubrique « Contributions Libres » du site de GeoStrategia.
La Chine est entrée dans une phase de déclin démographique historique : en quoi ce tournant démographique marque-t-il une rupture dans l’histoire contemporaine du pays ?
G.-F. Dumont : La population chinoise a commencé à diminuer dans les années 2020, marquant un tournant historique dans la dynamique démographique du pays après des décennies de croissance. Comme beaucoup d’autres pays, la Chine a traversé au XXe siècle ce qu’on appelle en démographie la « transition démographique » [1], une période de forte augmentation de la population due à la baisse de la mortalité. Cette période se caractérise principalement par la réduction de trois types de mortalité : la mortalité infantile, celle des enfants et adolescents, ainsi que la mortalité maternelle, c’est-à-dire celle des femmes lors de l’accouchement ou peu après. Ces avancées ont été rendues possibles grâce aux progrès médicaux, pharmaceutiques et hygiéniques, observés en Chine comme ailleurs dans le monde.
Dans ce contexte, la Chine a connu une croissance démographique soutenue depuis le milieu du XXIe siècle. Cependant, cette évolution n’a pas été linéaire. À la fin des années 1950, la politique de surcollectivisation imposée par Mao Zedong a entrainé une période de surmortalité, souvent appelée les « trois années noires ». En 1960, la population chinoise a même enregistré une baisse à cause de cette crise. Depuis le début des années 2020, on observe une rupture nette, tant en chiffres absolus qu’en chiffres relatifs.
En effet, la Chine a enregistré, depuis 2022, plus de décès que de naissances. Ce phénomène indique une dynamique de dépopulation. De plus, avec un solde migratoire négatif, l’immigration ne peut nullement compenser ce déficit naturel. Ainsi, la population chinoise est engagée dans un processus de diminution qui semble inéluctable, compte tenu des tendances actuelles.
D’un autre côté, en termes relatifs, la Chine a perdu son titre de pays le plus peuplé du monde. Pendant des décennies, elle était sans conteste en tête de liste. En 1950, sa population était supérieure de 57 % à celle de l’Inde, qui était alors le deuxième pays le plus peuplé. Cependant, en raison d’un « hiver démographique » caractérisé par une fécondité en dessous du seuil de remplacement des générations depuis 1991, la croissance démographique de la Chine a considérablement ralenti par rapport à celle de l’Inde. Ainsi, en 2023, un tournant majeur a eu lieu : l’Inde est devenue le pays le plus peuplé du monde, dépassant la Chine.
Les derniers chiffres montrent une baisse de la natalité et une accélération du vieillissement : quelles sont, selon vous, les causes profondes de ce phénomène au-delà de la politique de l’enfant unique ?
La baisse de la natalité en Chine trouve sa racine principale dans la politique stricte dite de « l’enfant unique », mise en place par les autorités entre 1979 et 2015. Cette politique, imposée par un système administratif rigoureux, interdisait aux femmes d’avoir le nombre d’enfants qu’elles désiraient. Cependant, au-delà de cette réglementation, plusieurs autres éléments expliquent la diminution continue de la fécondité dans le pays.
Tout d’abord, la chute du nombre de naissances au cours des décennies passées a entrainé une réduction du nombre de femmes en âge de procréation. Ainsi, une fécondité affaiblie, appliquée à une population féminine moins nombreuse, entraine mécaniquement une nouvelle baisse des naissances.
Un autre effet secondaire de la politique de l’enfant unique est la forte préférence culturelle pour les garçons. La Chine fait face aux conséquences du déficit significatif de naissances féminines. Dans un premier temps, ce phénomène a conduit à des pratiques violentes : certaines familles faisaient disparaitre les nouvelles-nées, parfois en les plongeant dans de l’eau bouillante. Par la suite, l’avènement des échographies a facilité le recours massif à des avortements sélectifs lorsque le fœtus était une fille. Et le déficit de filles a accentué la chute de la natalité.
Une troisième cause souvent négligée concerne les « populations flottantes ». La République populaire de Chine maintient un système de passeport intérieur, le hukou, qui régule les déplacements et l’installation à l’intérieur du pays. De nombreux migrants internes, vivant illégalement dans les villes, sont des résidents irréguliers. Par conséquent, leurs éventuels enfants ne sont pas reconnus par l’État et n’ont pas accès aux services de santé ni au système éducatif. Cette situation pousse ces populations, estimées à près de 300 millions de personnes, à limiter fortement leur fécondité.
L’urbanisation rapide est un autre facteur clé à considérer. Pendant la période communiste, de 1949 jusqu’aux années 1970, le gouvernement était opposé à l’expansion urbaine. Cependant, à partir des années 1980, le Parti communiste chinois a lancé un vaste mouvement d’urbanisation. Cela a entrainé une hausse des prix de l’immobilier et deux conséquences négatives sur la natalité. D’une part, nombre de jeunes actifs vivent maintenant en ville, loin de leurs parents restés à la campagne, ce qui prive les familles d’un soutien pour la garde d’éventuels enfants. D’autre part, une norme sociale bien ancrée exige que les jeunes hommes soient propriétaires d’un logement avant de se marier, ce qui retarde l’âge du mariage et diminue ainsi les chances d’avoir une grande famille.
Quels effets concrets cette évolution démographique a-t-elle déjà sur l’économie chinoise, notamment en termes de marché du travail, de consommation et d’innovation ?
Les changements démographiques en Chine ont déjà un impact significatif sur le marché du travail, et ces effets devraient s’accentuer dans les années à venir. La population active du pays a commencé à diminuer depuis le milieu des années 2010. Étant donné que la création de richesses dans un pays est, toutes choses égales par ailleurs, liée à la taille de sa population active, cette baisse soulève des inquiétudes quant à un éventuel ralentissement de la capacité de production de richesses.
Le succès économique de la Chine a largement reposé sur un vaste réservoir de main-d’œuvre rurale à bas cout, qui était abondant. Cependant, ce réservoir de travailleurs peu couteux est en train de s’épuiser. Selon les principes de l’offre et de la demande, cette diminution devrait inévitablement entrainer une augmentation des salaires par rapport aux périodes précédentes. Le marché du travail connait donc une véritable transformation: après une phase d’expansion continue de la population active et d’une main-d’œuvre rurale nombreuse, le pays a, depuis le milieu des années 2010, entamé une ère marquée par la raréfaction de cette ressource et le déclin de la population active.
En ce qui concerne la consommation, les changements sont tout aussi profonds. La structure des marchés de consommation est étroitement liée à la pyramide des âges : les besoins des jeunes, des adultes et des personnes âgées sont très différents. Ainsi, la répartition démographique de la population chinoise influence directement l’évolution de ces marchés.
Une autre question cruciale concerne les capacités d’innovation dans une société vieillissante. Au-delà de la diminution numérique de la population active, la Chine devra également faire face à un vieillissement de cette même population, avec une augmentation du pourcentage de travailleurs âgés de 50 ans ou plus et une baisse relative de ceux de moins de 50 ans.
Pékin a mis en place des mesures pour encourager les naissances (assouplissements, aides financières, campagnes de valorisation) : pourquoi ces politiques peinent-elles à inverser la tendance ?
Ces politiques ont peu de chances de changer la donne, car la Chine a créé une situation où « l’hiver démographique » — c’est-à-dire une très faible fécondité — est presque devenu la norme. Les raisons de cette faible natalité sont déjà bien connues, mais il est particulièrement difficile de les inverser. Que ce soit à cause de la politique d’urbanisation, des choix en matière de logement, ou encore du manque de qualité de vie, ces problèmes ne se résolvent pas du jour au lendemain.
La Chine fait face à ce que certains appellent la « dynamique du célibat », dans un pays où les naissances hors mariage ne sont pas acceptées. C’est un point crucial, surtout si l’on compare avec la France, qui a un des taux les plus élevés de naissances hors mariage au monde. En Chine, seul le mariage peut mener à la natalité.
Or la tendance actuelle montre une baisse du nombre de mariages et un âge de mariage de plus en plus tardif, ce qui n’encourage pas la fécondité. De plus, il y a un défi intergénérationnel : les jeunes qui souhaitent avoir des enfants n’ont souvent pas la chance d’avoir des grands-parents à proximité pour les aider pour la garde et l’éducation. En effet, la plupart des personnes âgées vivent encore à la campagne. Ce phénomène est particulièrement visible lors du Nouvel An chinois, quand plusieurs centaines de millions de personnes quittent les villes pour retourner dans leur région d’origine.
Observe-t-on des disparités démographiques entre villes et campagnes, et quelles conséquences ces différences peuvent-elles avoir sur la cohésion sociale et le développement régional ?
En Chine, la principale disparité démographique se manifeste surtout avec les différences ethniques. La majorité de la population appartient au groupe Han, tandis que 55 minorités ethniques regroupent environ 120 millions de personnes. Cependant, les évolutions démographiques des dernières décennies montrent une augmentation relative de l’importance de ces minorités pour deux raisons principales. D’abord, lors de l’instauration de la politique de l’enfant unique (1979-2015), ces minorités ont réussi à convaincre le gouvernement central à Pékin que cette restriction menaçait leur survie. En conséquence, elles ont obtenu le droit d’avoir deux enfants, même pendant cette période de rigueur en matière de natalité. Ensuite, il y a un instinct de survie au sein de ces communautés : la volonté de ne pas disparaitre les a poussées à maintenir un indice de fécondité relativement élevé.
Cependant, cette dynamique démographique est en tension avec la politique d’intégration nationale des autorités chinoises, qui cherchent à « siniser » certaines régions où les minorités sont majoritaires. C’est particulièrement vrai pour le Tibet [2] et le Xinjiang, où le gouvernement central encourage l’installation de populations Han pour diminuer la proportion démographique des minorités locales.
Existe-t-il un risque que cette évolution démographique affecte la stabilité politique intérieure du régime, notamment face aux attentes d’une population vieillissante et à une jeunesse en pleine mutation ?
Il est évident que la Chine, qui n’est pas une démocratie et où il est difficile de réaliser des sondages, ne permet pas de connaitre avec précision l’opinion de sa population. Cependant, certains signes montrent qu’une partie des citoyens n’est pas satisfaite du régime actuel. Deux attitudes illustrent ce mécontentement. La première concerne les Chinois qui ont réussi sur le plan économique et qui préfèrent investir massivement à l’étranger plutôt que de contribuer au développement de leur propre pays. La seconde se manifeste par une émigration persistante, malgré le contrôle strict exercé par Pékin aux frontières. Chaque année, des Chinois choisissent de quitter le pays, estimant que les conditions politiques, économiques et sociales sont meilleures en Amérique du Nord, en Europe ou dans d’autres régions jugées plus attrayantes.
Un mécontentement se mesure donc avec l’émigration et pourrait s’intensifier sous l’effet de deux dynamiques. La première est liée à la jeunesse, qui, bien que moins nombreuse, est en position de revendiquer davantage de la part des autorités. Si celles-ci ne parviennent pas à répondre à ses attentes, cette jeunesse pourrait exprimer ouvertement son insatisfaction. Un exemple frappant est la demande d’abolition du système du hukou (permis de résidence intérieure), que les jeunes Chinois soutiennent largement. D’ailleurs, le régime a annoncé à plusieurs reprises son intention de le supprimer, sans jamais passer à l’acte. Pékin y trouve un intérêt économique évident : la présence de centaines de millions de travailleurs peu rémunérés constitue une main-d’œuvre bon marché qui soutient la compétitivité des exportations chinoises. Malgré le caractère autoritaire du régime, cette jeunesse pourrait donc être amenée à se mobiliser.
La seconde dynamique est liée au vieillissement de la population. De plus en plus de Chinois ont des besoins spécifiques en raison de leur âge, et on se demande si le gouvernement sera capable de répondre à ces attentes de manière efficace. Ces défis pourraient, à long terme, influencer la stabilité politique intérieure, même avec le style autoritaire qui caractérise la gouvernance du pays. En outre, des tensions semblent également surgir au sein du Parti communiste chinois. Au cours des derniers mois, des débats animés auraient opposé ceux qui soutiennent un régime très autoritaire à ceux qui pensent qu’il est essentiel de mieux répondre aux besoins de la population.
À moyen terme, comment la Chine compte-t-elle compenser la diminution de sa main-d’œuvre ? La Chine pourrait-elle s’ouvrir à l’immigration ?
Face à cette évolution démographique qu’est la baisse de sa population active, Pékin a mis en place deux types de réponses. La première consiste à investir massivement dans la robotisation. Les autorités souhaitent tirer parti des technologies d’automatisation et d’intelligence artificielle pour continuer à générer de la richesse, même avec une main-d’œuvre en déclin. La seconde réponse se manifeste par un allongement progressif de la durée d’activité. À la fin de l’année 2024, Pékin a décidé de repousser l’âge légal de départ à la retraite. À partir du 1er janvier 2025, cet âge pour les hommes sera progressivement relevé de 60 à 63 ans, engendrant ainsi trois années supplémentaires d’activité. Pour les femmes, le système maintient une distinction entre les ouvrières et celles du secteur tertiaire, considérées comme exerçant des professions moins exigeantes. L’âge de départ à la retraite des ouvrières sera repoussé de 50 à 55 ans, tandis que celui des autres catégories professionnelles féminines passera de 55 à 58 ans. En parallèle, la durée minimale de cotisation pour bénéficier d’une pension a été augmentée. Cependant, il est important de rappeler qu’une part significative de la population active ne bénéficie pas du système de retraite, notamment les travailleurs dits « flottants », ces migrants internes qui échappent encore aux dispositifs de protection sociale.
Face à la baisse de la population active, plusieurs pays occidentaux se tournent vers une autre solution : encourager une immigration choisie. Cependant, cette option se révèle plus délicate dans le cas de la Chine. Pour attirer des travailleurs étrangers, un pays doit être séduisant, ce qui est difficile dans le cadre du régime autoritaire de Pékin. Bien qu’il existe une immigration, elle reste marginale et souvent liée au déséquilibre entre les sexes causé par la politique de l’enfant unique. Certains Chinois fortunés se sont ainsi tournés vers des familles pauvres du Vietnam pour « acheter » des épouses vietnamiennes, ce qui a engendré des tensions diplomatiques entre la Chine et le Vietnam, ce dernier dénonçant fermement ces pratiques.
De plus, l’environnement régional ne propose pas de véritable réservoir de main-d’œuvre. L’ensemble de l’Asie orientale fait face à une dynamique similaire de déclin démographique. Le Japon, la Corée du Sud [3] et Taïwan voient également leur population active diminuer. Même si l’on envisageait une réunification forcée de Taïwan par Pékin, l’île ne constituerait pas une solution durable au manque de travailleurs. Seuls quelques pays, comme les Philippines, où le vieillissement démographique est plus récent [4], pourraient encore représenter une source potentielle de main-d’œuvre.
Ce ralentissement démographique modifie-t-il la place et l’image de la Chine sur la scène internationale, notamment face à des puissances aux dynamiques démographiques différentes, comme l’Inde ou les États-Unis ?
Le fait que l’Inde soit devenue le pays le plus peuplé du monde complique sérieusement la perspective d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU). Depuis plusieurs années, cette réforme est à l’étude pour améliorer la représentativité au sein de l’institution, en tenant compte non seulement du poids démographique et géopolitique de l’Inde, mais aussi en renforçant la voix du continent africain. Pour que cette réforme soit vraiment représentative, il faudrait que l’Inde obtienne un siège permanent avec droit de veto, étant donné qu’elle est maintenant le pays le plus peuplé de la planète. Cependant, la Chine semble avoir de fortes réticences à l’idée de voir son voisin, avec qui les relations sont parfois tendues, renforcer sa position sur la scène internationale.
Cela entraîne donc des répercussions géopolitiques directes. Sur le plan international, malgré ces changements démographiques, la Chine reste le deuxième pays le plus peuplé du monde. Elle conserve ainsi un poids démographique important qu’elle peut continuer à valoriser dans ses relations internationales, même si elle doit maintenant faire face à la montée en puissance d’autres États. Cette réalité est particulièrement évidente au sein des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), où Pékin a accepté l’élargissement du groupe à de nouveaux membres dont l’importance démographique devient significative.
Si la tendance actuelle se poursuit, à quoi ressemblera la société chinoise en 2050, et comment ce facteur démographique pourrait-il redessiner à la fois la politique intérieure et la stratégie globale de la Chine ?
Il est quasi-certain que d’ici 2050, la Chine continuera de faire face à un dépeuplement. Selon l’ampleur de ce phénomène, on pourrait parler de pertes allant de 100 à 300 millions d’habitants. Cependant, il est difficile de donner une estimation précise, car ces chiffres ne sont que des projections démographiques. En plus de cette diminution de la population, le vieillissement constitue un autre défi majeur. D’ici 2050, un tiers des Chinois pourraient avoir 65 ans ou plus, à moins que des événements exceptionnels, comme des épidémies, ne viennent perturber cette tendance. Une telle évolution entraînera inévitablement une augmentation des besoins en santé et en services sociaux. L’évolution de l’âge médian illustre bien ce changement démographique : il est passé de 22ans en 1950 à 39ans aujourd’hui, et il se rapproche lentement des 50 ans.
En 2050, plusieurs scénarios sont possibles, mais certains enjeux se démarquent. Le premier est la capacité du gouvernement de Pékin à gérer ces transformations de manière satisfaisante pour la population. Si les insatisfactions montent, il y aurait un risque que le pouvoir central tente de détourner l’attention de ses propres faiblesses en adoptant une posture agressive à l’extérieur, en mobilisant le sentiment nationaliste pour masquer ses échecs internes. Un autre aspect à considérer est la montée en puissance des pays du Sud. Depuis les années 1980, la Chine s’est affirmée comme une véritable force géopolitique sur la scène mondiale. Cependant, si d’autres nations parviennent à établir une gouvernance plus efficace dans les décennies à venir, elles pourraient devenir de redoutables concurrents. Ainsi, deux dynamiques clés se dessinent. D’une part, il y a l’insatisfaction interne qui pourrait mener soit à une dérive belliqueuse, soit à des bouleversements politiques significatifs, pouvant aller jusqu’à un changement de régime. D’autre part, s’ils sont bien gouvernés, des pays comme le Brésil, l’Indonésie ou le Nigéria deviendraient des compétiteurs géopolitiques sérieux.
Propos recueillis par Marc Chami, le 28 août 2025
Références
Par : Gérard-François DUMONT
Source :
Contributions libres
