L’aviation à long rayon d’action (ALRA) russe : l’enfant gâté de parents pauvres

Mis en ligne le 16 Fév 2023

L’aviation à long rayon d’action (ALRA) russe : l’enfant gâté de parents pauvres

A vocation stratégique, l’aviation à long rayon d’action russe est également employée sur des objectifs de niveau tactique ou opératif en Ukraine. L’auteur rappelle les finalités de cette composante des forces aériennes russes et décrit les modalités, sinon les limites de son engagement au profit des frappes dans la profondeur du dispositif militaire et énergétique ukrainien.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent pas le CNAM.

Les références originales de cet article sont : Malcolm Pinel, « L’aviation à long rayon d’action (ALRA) russe : l’enfant gâté de parents pauvres », CESA / Revue Vortex. Ce texte, ainsi que d’autres publications, peuvent être consultés sur le site de Calaméo.

Les bombardiers de la Dalnyaya Aviatsiya (DA) sont engagés depuis le 24 février 2022 dans le conflit avec l’Ukraine avec une ampleur inédite. La plupart des frappes aériennes ciblant les infrastructures ukrainiennes a été lancée à longue distance depuis le territoire biélorusse, le Sud-Ouest de la Russie, la mer Noire et la mer Caspienne. Près d’un quart des frappes dans la profondeur du territoire ukrainien serait imputable aux bombardiers à long rayon d’action équipés de missiles de croisière. Simultanément, le déploiement ostensible de plusieurs bombardiers stratégiques hors de leurs bases aériennes d’affectation a accompagné les stratégies déclaratoires du Président Vladimir Poutine.

Depuis sa création, la DA est à la fois le fer de lance et un des symboles de la puissance aérienne russe. Bien qu’elle ait traversé une période critique (1991-2010), elle demeure une force aérienne opérationnelle et capable incarnant l’intégration des moyens conventionnels et nucléaires dans la stratégie de défense russe. L’objet de cet article, au-delà d’une brève présentation de cette composante incontournable des Vozdushno-kosmicheskiye sily (VKS), est de mettre en lumière la variété de l’utilisation des bombardiers stratégiques aux niveaux tactique, opératif et stratégique. Après avoir frappé des objectifs sur le front, l’emploi des bombardiers est concentré pour obtenir progressivement la recherche d’effets à l’échelle du théâtre d’opération et finalement aboutir à des frappes de niveau stratégique. L’activité observée de la DA durant le conflit en Ukraine témoigne de la singularité de cette composante des VKS qui semble contrainte de produire des effets militaires sur le champ de bataille avec des cibles imposées par l’échelon politique. La DA, symbole singulier de la puissance aérienne russe, illustre au travers de cette dualité d’emploi tactique et stratégique l’articulation de capacités conventionnelle et de dissuasion s’intégrant dans la posture globale de signalement stratégique russe.

Vecteurs de la diplomatie aérienne russe en temps de paix, les bombardiers stratégiques sont les héritiers de l’aviation « de bombardement » tsariste, devenue « à long rayon d’action » soviétique puis russe. L’origine de l’ALRA remonte de fait au 23 décembre 1914[1] quand le tsar Nicolas II approuve la création du premier escadron de bombardiers lourds Ilya Mouromets. Cet avion était initialement conçu par Igor Sikorsky pour le transport civil[2]. Dès son origine, cette force aérienne est rattachée au plus haut niveau de commandement[3].

Aujourd’hui, la DA est une composante à part entière des VVS au sein des VKS, mais elle reste toujours directement subordonnée au commandement suprême (VGK[4]),  structure responsable de la préparation et de la conduite des campagnes militaires et des opérations stratégiques[5]. La DA regroupe l’ensemble des bombardiers lourds, à longue portée, en service au sein des VVS. Elle est en charge des missions de bombardements sur des cibles stratégiques avec des missiles de croisière ou des bombes, conventionnelles ou nucléaires. La nomenclature russe introduit une distinction entre d’un côté les bombardiers stratégiques[6] Tu-95MS et Tu-160 et de l’autre les bombardiers à longue portée[7] Tu-22M3. Alors que les Tu-22M3 sont désormais uniquement employés pour réaliser des missions de bombardement tactique au sol comme en mer, les bombardiers stratégiques concourent à la dissuasion nucléaire tout en pouvant assurer des missions conventionnelles. Les bombardiers stratégiques de la DA représentent la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire.

Ainsi la majorité de la flotte de bombardiers répartis entre Engels et Ukraïnka est disposée face aux frontières Sud de la Fédération de Russie. Des aérodromes de desserrement sont également prévus dans le grand Nord russe. Ces aérodromes accueillent de manière permanente des postes de commandement aérien (AvK[8]) subordonnés au commandement de la DA[9]. Les postes situées dans l’Arctique sont Tiksi (200 Avk), Vorkuta (40 AvK) et Anadir (182 AvK). Kamensk Uralsky (oblast de Sverdlovsk) abrite le 199 AvK qui sert d’escale aux aéronefs naviguant d’une extrémité à l’autre de la Russie. La base aérienne de Soltsy (52 AvK), les aérodromes de Rogachevo[10] situé sur l’île de la Nouvelle-Zemble (oblast d’Arkhangelsk) et de Temp situé sur l’île de Kotelny (république de Sakha) complètent ce maillage territorial de la DA. Ces postes de commandement aérien disposent de réserves en carburant et entretiennent les pistes afin d’accueillir des bombardiers en transit.

Les VKS mettent en œuvre une vingtaine d’Il-78/M Midas qui dépendent organiquement de la DA. Ils assurent des missions de ravitaillement en vol au profit des bombardiers stratégiques de la DA et des aéronefs des VKS et de la MA-VMF[11]. Ils sont également employés pour le transport tactique afin de soutenir la flotte de transport tactique très sollicitée. Le 203ème régiment de ravitailleurs (OAP SZ[12]) stationné à Dyagilevo regroupe l’ensemble de la flotte d’avion ravitailleur des VKS. Une première série de modernisation devrait amener l’ensemble des Il-78 et Il-78M au standard Il-78-2 prolongeant la durée de vie de l’avion en attendant la livraison progressive des 10 Il-78M-90A déjà commandés. Cette variante de l’Il-76MD-90A, version modernisée de l’Il-76MD Candid convertie en ravitailleur, est produite à Oulianovsk par l’usine Aviastar-SP et offre des capacités significativement accrues[13]. À ce jour, seul un prototype d’Il-78M-90A aurait été produit. La reprise des patrouilles lointaines par les bombardiers stratégiques et la mise en service prochaine du Tu-22M3M ravitaillable en vol ont sans doute accéléré ce programme.

De fait, la DA a renoué avec les patrouilles longues en zone arctique ou le long des côtes européennes, américaines ou nippones à partir de 2007 et se déploie parfois en Indonésie en 2017 et au Venezuela en 2018[14]. C’est toutefois dans le voisinage de la Russie que les bombardiers impriment le plus leur empreinte. Les Tu-22M3 sont employés à partir de 1995 en Tchétchénie, en 2008 en Géorgie et en Syrie après 2015. Au plus fort de l’engagement en Syrie, 25 Tu-22M3 sont mobilisés, soit environ un tiers de la flotte. Six exemplaires sont notamment déployés sur la base aérienne de Nojeh en Iran à partir d’août 2016.

Les Tu-95MS sont aussi utilisés pour la première fois en Syrie de novembre 2015 à novembre 2016, 59 ans après leur entrée en service. Des missiles de croisière Kh-555 montés par paire sur 4 pylônes sous les ailes sont lancés[15]. Les Tu-160, en provenance d’Engels, participent également à leurs premières opérations en tirant des missiles de croisière Kh-101 et Kh-555, escortés par des Su-30SM. Les effets militaires obtenus par ces frappes restent difficiles à évaluer d’autant plus que la liste des objectifs présentés ne coïncide pas avec celle des objectifs réellement frappés, notamment à l’Est de la Syrie. La communication officielle a été prompte à mettre en avant la lutte contre le terrorisme alors que ces frappes ciblaient souvent les opposants au régime syrien dans l’Ouest du pays.  L’impact médiatique semble donc avoir été plus fort que les gains opérationnels.

L’intervention en Syrie a donné lieu à une compétition entre les différentes branches des VSRF[16], notamment la Voyenno-Morskoy Flot (VMF, marine militaire russe) et les VKS, pour s’affirmer auprès du politique et de l’état-major comme l’outil incontournable et principal de projection de puissance. Les relatifs succès opérationnels des aviateurs russes en Syrie[17] auront probablement suscité l’allocation des ressources supplémentaires car l’ensemble de la flotte de bombardiers de la DA a bénéficié de programmes de modernisation. La production en série du Tu-160M a été relancée comme l’amélioration des standards du Tu-95MSM et du Tu-22M3M[18]. Néanmoins, des arbitrages seront probablement effectués pour tenir compte des retards systémiques de l’industrie aéronautique russe et des conséquénces du conflit en Ukraine sur les chaînes de production et de maintenance[19]. Notons enfin que les Mig-31I[20], emportant le missile Kh-47M2 Kinzhal, sont désormais rattachés à la DA[21]. Ces MiG-31I sont affectés sur la base aérienne n°3958 Savasleika (oblast de Nijni Novgorod) pour former le noyau du premier régiment de chasseurs indépendant (OIAP[22]) à intégrer la DA, jusque-là exclusivement composée de bombardiers lourds[23].

Depuis le premier jour de l’intervention russe en Ukraine, tous les types de bombardiers (Tu-160, Tu-95MS, Tu-22M3, Mig-31I) en service dans la DA ont été employés pour frapper des infrastructures dans les parties centrales et occidentales de l’Ukraine[24]. Alors que dans les premiers jours du conflit, les frappes de la DA ont cherché à détruire les infrastructures critiques des forces armées ukrainiennes, notamment les dispositifs de défense aérienne (plateformes aéronautiques, aéronefs, système sol-air, radars), la supériorité aérienne n’a pu être acquise faute d’une véritable campagne SEAD[25]. À ce titre, le conflit nous montre que la recherche de la supériorité aérienne doit être poursuivie, non pas parce que ce serait un dogme de la puissance aérienne, mais comme son effet multiplicateur de force.

Les missiles de croisière ne sont employés que contre des cibles fixes dont les coordonnées sont connues lors de la préparation de la mission au sol, excluant de facto les cibles mobiles comme les convois de matériels. Contrairement à ce qui a pu être avancé au début du conflit, ces missiles de croisière se seraient montrés assez précis[26]. La campagne de frappe menée pendant les premiers jours du conflit se concentre sur des sites sol-air fixes (SA-3), des systèmes sol-air S-300, des centres de commandement, des bases aériennes et des sites de stockage. Le ciblage a pu être effectué à partir de renseignement humain, soit acquis par des opérateurs au sol, soit par les  services russes en charge de la collecte du renseignement extérieur (SVR[27], FSB[28], GRU[29])[30]. La très forte réactivité des forces ukrainiennes et un préavis d’alerte suffisant limitent considérablement l’efficacité de cette première salve sur l’architecture Integrated Air Defense System (IADS) ukrainienne.

À mesure que le conflit se prolonge, que les opérations russes se recentrent sur le Donbass, que l’aide matérielle à destination des FAU s’organise, les frappes de la DA sont réorientées pour entraver le transfert d’équipement matériel. Elles cherchent à détériorer les voies de communication. Les cibles sont alors majoritairement des usines de production d’armement ou de maintenance, des dépôts d’essence, des routes ou des voies de chemins de fer. À partir du 10 octobre, le ciblage russe se concentre sur les infrastructures énergétiques. Les frappes, qu’elles soient menées par missiles de croisière (Kh-101 ou Kh-555 et Kalibr), balistiques (Iskander) ou par des drones suicides (Shaheed-136 et Shaheed-131), touchent aussi bien les bâtiments de production d’énergie, comme les centrales thermiques à charbon ou à gaz et les centrales hydroélectriques, que le réseau d’acheminement électrique avec les transformateurs et les sous-stations de répartitions. Ce récent regain d’activité intervient en même temps que la nomination du général d’armée Sergeï Surovikin, jusqu’ici commandant des VKS et en charge de la partie Sud des opérations en Ukraine, comme nouveau commandant de l’« opération militaire spéciale » le 8 octobre 2022. Ces frappes qui tentent de réduire, à défaut d’enrayer l’effort de guerre ukrainien, n’ont pour l’instant pas entamé les forces morales (soutien de la population et capacité à fédérer à l’international) ou l’efficacité des forces ukrainiennes.

Néanmoins, ces frappes mobilisent pleinement les moyens de la défense aérienne ukrainienne. Avions de chasse (MiG-29 et Su-27) et systèmes sol-air semblent intercepter une part importante des missiles[31] si l’on croit les communiqués du ministère de la Défense ukrainienne. Mais au cours de ces missions, les avions ukrainiens de la PSU[32] se seraient retrouvés dans le domaine de tir de la défense sol-air et des intercepteurs russes (MiG-31 ou Su-35S) équipés du dernier missile air-air longue portée R-37M, ce qui aurait suscité des pertes[33].

Les capacités ISR[34] russes insuffisantes comme la rigidité de la planification compliquent le ciblage dynamique[35] sur des systèmes ukrainiens dispersés et changeant rapidement de position après le tir (« shoot and scoot »)[36]. Le processus aboutissant à la désignation de la cible peut prendre plus de 48 heures. Il est donc probable que les bombardiers stratégiques russes tirent très précisémment leurs missiles de croisière sur des emplacements vides.[37]

Finalement, plusieurs bombardiers de la DA effectuent des redéploiements ponctuels sur le territoire russe et à l’étranger, qui ne peuvent être simplement expliqués par les contraintes de leur engagement en Ukraine. Les MiG-31I observés en Syrie sur la base aérienne de Hmeimim et sur la base aérienne de Chkalovsk à Kaliningrad[38] depuis février 2022, contribuent à entretenir une posture stratégique dissuasive. Le 18 août, l’état-major russe affirmait à propos du déploiement des MiG-31I à Kaliningrad qu’il s’effectuait  « dans le cadre de la mise en œuvre de mesures de dissuasion stratégiques supplémentaires »[39]. Cette « dissuasion stratégique supplémentaire » est confirmée avec le récent signalement de plusieurs MiG-31I qui se sont posés le 16 octobre puis le 13 décembre 2022 à Machulishchi en Biélorussie.[40]

Ces mouvements coïncident avec les annonces du déploiement de 4 Tu-160 sur la base aérienne d’Olenogorsk le 21 août 2022  à la frontière biélorusse[41], de la publicité faite  à la patrouille de deux Tu-95MS au-dessus du Pacifique, de la mer de Béring et de la mer d’Okhotsk le 18 octobre puis le 14 décembre[42]. Si les bombardiers stratégiques de la DA sont aujourd’hui mobilisés dans la guerre contre l’Ukraine[43] et constituent le bras armé des VKS, leur mission initiale se poursuit avec différents déploiements qui rappellent que la Russie est bien une force nucléaire avec laquelle il faut compter.

« La situation de guerre est extrêmement difficile à prévoir. Pour chaque guerre, il est nécessaire de développer une ligne spéciale de comportement stratégique, chaque guerre est un cas particulier qui nécessite l’établissement de sa propre logique spéciale, et non l’application d’un modèle ».
Alexandre Svechin[44]

 

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