Édito n° 81/2 du 15 juin 2021

Mis en ligne le 06-Déc-2021

 

« Notre esprit a une irrésistible tendance à considérer comme plus claire l’idée qui lui sert le plus souvent »
Henri Bergson, philosophe français (1859-1941)

Guerre de vingt ans, guerre sans fin… des qualificatifs attribués à la guerre menée par les armées occidentales en Afghanistan, depuis le 11 septembre, à l’aube du XXIème siècle. Une guerre qui aura couté, selon le Watson Institute de l’université de Brown (Rhode Island,) plus de 2200 milliards de dollars, près de 4000 militaires tués coté forces de l’OTAN. Une guerre qui aura peut-être même couté la prééminence planétaire aux États-Unis, face à la montée en puissance de la Chine.

L’histoire retiendra-t-elle un parallèle entre l’échec soviétique et les déboires occidentaux : 20 ans de guerre pour quelques succès tactiques soldés par un revers stratégique, sur le théâtre des opérations, et bien au-delà ?

Fallait-il privilégier une présence marquée sur le terrain et la « contre-insurrection » ou s’en tenir à l’endiguement et garantir une capacité à projeter ponctuellement forces et puissance !? Pouvait-on mieux intégrer ce volet militaire dans une stratégie plus large, avec en surplomb la question de la sortie de crise et des interlocuteurs acceptables !?

« Vous avez les montres, nous avons le temps », ce proverbe africain parait illustratif des mésaventures afghanes, de l’interaction entre civilisations où prédomine la pensée « calculante » et civilisations où prédomine la pensée « méditante», pour reprendre la distinction posée par Heidegger.

Ces considérations et interrogations géopolitiques, historiques, stratégiques, philosophiques peuvent être éclairantes, à l’heure où la France, par les dernières annonces du Président de la République Emmanuel Macron, entreprend une révision de sa stratégie au Sahel, huit années après le déclenchement de l’opération « Serval », devenue « Barkhane » en août 2014.

Le positionnement sinon l’engagement de nos partenaires européens, la sensibilité voire l’état d’esprit général des opinions publiques, ici comme là-bas, ou encore la question du dialogue entre les parties ne peuvent que compter dans l’équation.

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En ce mois de juin, nous vous proposons d’aborder, d’approcher ces problématiques. Vous pourrez apprécier l’affirmation stratégique européenne (article Fondation Robert Schuman ; article Conflits), et vous interroger sur les conditions de la cohésion interne de l’UE (article Synopia).  La question sensible de la négociation avec les groupes armées terroristes est également envisagée (article FRS). Vous pourrez par ailleurs évaluer la défiance et la radicalisation des esprits qui diffusent au sein des sociétés occidentales, sur fond de crise sanitaire et de numérisation (article IRIS ; article CNAM-ESDR3C).

En complément de ce bouquet d’articles, nous vous proposons de visionner un entretien tenu dans le cadre du dernier cours en ligne (MOOC) du Cnam sur les Questions Stratégiques (décembre 2020/janvier 2021). Les thèmes qui y sont abordés recoupent, complètent, reformulent ceux du bouquet écrit sur les défis stratégiques auxquels l’UE fait face.

Rendez-vous courant juillet pour un nouvel Édito de votre agora stratégique.

 

Général (2s) Paul Cesari, rédacteur en chef, et toute l’équipe de Geostrategia.

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