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Edito n°67 du 09 avril 2019

Publié le 09-04-2019

« En temps de paix les fils ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre les pères ensevelissent leurs fils. »
Hérodote, historien et géographe grec. 485 av. JC – 425 av. JC

25 ans après le génocide des Tutsi au Rwanda, alors que ce pays va observer 100 jours de deuil, le Président Emmanuel Macron a décidé la constitution d’une commission d’historiens. Elle sera chargée d’étudier les archives relatives au rôle joué par la France dans cette crise où près d’un million de victimes aura péri dans des massacres de masse. Au-delà du travail mené par les historiens et les juristes pour la mise en lumière du contexte et des responsabilités des divers protagonistes, la crise rwandaise soulève, directement ou indirectement, une série de questions « stratégiques », au sens où elles s’avèrent essentielles pour une société nationale et pour son avenir. Comment entre-t-on dans un processus de violence ? Comment peut-on en sortir ? Comment peut-on ou doit-on convoquer la mémoire des violences subies ? A oublier la dimension politique de la guerre, à laisser libre cours voire à exciter la brutalisation, le déchainement violent, ne fragilise-t-on pas ses propres intérêts et les conditions d’établissement d’une négociation pour une meilleure paix ? Sans rebouclage permanent entre les fins politiques et les voies et moyens militaires, ne risque-t-on pas une confusion, un retournement, ou l’outil opérationnel, la dimension tactique, la bataille deviennent objectifs et finalités ? Guerre et Paix sont-elles des notions en situation de dichotomie dans le temps et l’espace, ou en interpénétration, en concomitance et simultanéité ?

Pour aborder ces questionnements, nous vous proposons cette semaine une réflexion de Patrick Bouhet sur les notions de Guerre et Paix et, au-delà de leurs dimensions juridiques ou constitutionnelles, sur leur empreinte sur les consciences et dans les perceptions. Nous vous proposons également un éclairage de Cécile Bonodot sur la combinaison politique-stratégique-tactique, au cœur de l’équilibre des principes qui cadrent la guerre en tant qu’acte politique, avec l’exemple du conflit en Irak sur la période 2003-2011. Nous vous proposons enfin de questionner avec Ivan Sand la réponse que la puissance aérienne et sa souplesse d’emploi peut fournir à l’équation politico-militaire occidentale contemporaine.

En complément de ces 3 articles de réflexion stratégique, vous pouvez en outre voir ou revoir le Grand Entretien vidéo avec Michel Wieviorka sur les processus d’entrée et de sortie de la violence et sur le rôle et la place de la mémoire, des mémoires associées.

Quelques mots pour vous informer de notre « Rendez-vous de la réflexion stratégique » #10 du 14 mai 2019. Il vous offrira divers éclairages artistiques ainsi que des regards croisés sur l’Art et la Guerre. Les inscriptions sont ouvertes et nous reviendrons très prochainement sur cet évènement pour vous le présenter plus avant.

Pour conclure cet édito, un lien ci-dessous vers le Guetteur n°2019/ 06, e dernier bulletin de veille du Centre de Documentation de l’Ecole Militaire (CDEM)

Rendez-vous jeudi 18 avril pour un nouvel édito de votre Agora stratégique 2.0.

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L’article « Guerre ou paix contre guerre et paix, ou Janus retrouvé… » est issu de la revue Défense de l’Union-IHEDN. Patrick Bouhet, historien, revient sur les notions de guerre et de paix et, au-delà de leurs dimensions juridiques ou constitutionnelles, sur leur empreinte sur les consciences et dans les perceptions. Il s’interroge en particulier sur la dichotomie paix-guerre, conception westphalienne de la conflictualité interétatique, ou encore sur l’usage paradoxal du mot guerre et sur sa signification au sein de nos sociétés.

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L’article « La Guerre d’Irak (2003-2011) : une guerre gagnée, une paix perdue » est issu de l’Ecole de Guerre (EDG). Cécile Bonodot, étudiante en Géopolitique à l’Institut Français de Géopolitique Paris VIII et collaboratrice temporaire à l’EDG, nous propose un éclairage sur la combinaison politique-stratégique-tactique, au cœur de l’équilibre des principes qui cadrent la guerre en tant qu’acte politique, avec l’exemple du conflit en Irak sur la période 2003-2011. Elle souligne se faisant l’importance clef d’une stratégie pertinente a priori, stratégie qui devra savoir s’adapter a posteriori, au fil de l’interaction avec l’Autre.

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L’article « La prépondérance de la puissance aérienne dans un monde accéléré » est issu de la chaire Défense & Aérospatial de Sciences-Po Bordeaux et de l’ouvrage Conflictualités modernes et postures de défense soutenu par le CSFRS. Ivan Sands, doctorant à l’Institut Français de Géopolitique Paris VIII et cadre au Centre Etudes Réserves Partenariat de l’Armée de l’air (CERPA), analyse la réponse que la puissance aérienne et sa souplesse d’emploi peut fournir à l’équation politico-militaire occidentale contemporaine. La puissance aérienne constitue en effet selon lui le levier cardinal, dans un contexte où la priorité est donnée à la projection et à la prévention des conflits.

Auteur(s) : « En temps de paix les fils ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre les pères ensevelissent leurs fils. »Hérodote, historien et géographe grec. 485 av. JC – 425 av. JC 25 ans après le génocide des Tutsi au Rwanda, alors que ce pays va observer 100 jours de deuil, le Président Emmanuel Macron a décidé […]

Source(s) : CSFRS, CSFRS

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